[Tourisme] Les visiteurs sont là, mais séjournent autrement

Alors que la saison touristique est désormais bien engagée, les premières données de fréquentation permettent de dresser un état des lieux. Entre stabilité des nuitées, forte progression des excursions et influence déterminante de la météo, le début d'année 2026 révèle de nouvelles habitudes de consommation touristique. Décryptage avec Fabien Le Ruyet, Responsable Observation et Études.

 

On commence à avoir du recul sur ce début d'année. Quel premier bilan tirer de la fréquentation touristique en Seine-Maritime ?

Le bilan est nuancé. Sur les quatre premiers mois de l'année, nous enregistrons 5,4 millions de nuitées, soit un léger recul de 1,4 %. C'est une tendance que l'on retrouve à l'échelle de la Normandie.

Cette baisse concerne principalement le littoral, tandis que Rouen et Le Havre se maintiennent bien. En parallèle, un chiffre retient particulièrement l'attention : les excursions progressent de 11,3 % pour atteindre 8,8 millions. Les visiteurs continuent donc de venir en Seine-Maritime, mais ils privilégient davantage les déplacements à la journée.

Comment expliquer l'écart entre les nuitées et les excursions ?

C'est l'enseignement majeur de ce début de saison. Nous l'observons sur plusieurs périodes. Pendant les vacances de printemps, les nuitées reculent de 9 % alors que les excursions progressent de 13 %. À la Pentecôte, les nuitées augmentent de 9 %, mais les excursions bondissent de 29 %.

Le message est clair : les visiteurs fréquentent notre territoire, découvrent nos sites et consomment sur place, mais le séjour avec nuitée est souvent la première dépense arbitrée. Les questions de pouvoir d'achat, notamment le coût des déplacements, peuvent expliquer cette tendance. La clientèle française, en particulier francilienne, est aujourd'hui le principal moteur de cette croissance des excursionnistes.

Avril et mai affichent pourtant de bons résultats. N'est-ce pas contradictoire ?

C'est là qu'il faut être honnête dans la lecture des chiffres. Oui, sur avril-mai, les nuitées rebondissent de 5 % et les excursions progressent de 26 %.

Mais attention : 2026 est une année particulièrement favorable en matière de calendrier. Le mois de mai a compté jusqu'à quatre week-ends prolongés, contre trois en 2025, et les 1er et 8 mai tombaient un vendredi. Mécaniquement, cela a soutenu la fréquentation et gonflé les compteurs.

Quel rôle la météo joue-t-elle dans ces résultats ?

Elle reste un facteur déterminant, particulièrement sur le littoral. Le week-end de l'Ascension a été compliqué pour l'ensemble du territoire et plus encore pour la côte, où les conditions météorologiques ont pesé sur la fréquentation.

À l'inverse, la Pentecôte a bénéficié des premières fortes chaleurs, attirant de nombreux visiteurs vers le littoral. En Seine-Maritime, la météo continue d'avoir un impact direct sur les comportements touristiques, à la hausse comme à la baisse.

 

Ce début de saison confirme l'attractivité de la Seine-Maritime. Les visiteurs sont au rendez-vous, mais leurs habitudes évoluent. Les excursions progressent fortement tandis que les séjours tendent à se raccourcir, dessinant de nouvelles perspectives pour les acteurs du tourisme du territoire.

Votre contact Seine-Maritime Attractivité

Fabien Le Ruyet

Responsable Observation et Etudes
fabien.leruyet@sma76.fr
06 86 42 03 40

Fabien LE RUYET © David Morganti
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